Éthique de la permaculture

Papillon lycénidé bleu
Danse en cercle à la Alte-Papierfabrik
Légumes du jardins

La permaculture est “un système rassemblant des composants conceptuels, matériel et stratégique en une structure fonctionnant au bénéfice de toutes formes de vie et cherchant à fournir un habitat durable et sécuritaire pour tous les êtres vivants sur Terre” (Bill Mollison). En d’autres mots, le concept de permaculture cherche à créer une connexion plus riche, plus profonde, plus saine et plus directe entre nous et notre environnement. Cet idéal s’appuie sur trois principes éthiques très puissants: Prendre soin de la terre, Prendre soin de l’humain et partager équitablement.

Prendre soin de la terre

Le premier objectif de la permaculture est de stabiliser et de prendre soin de terres qui ont déjà été dégradées par les activités humaines. Le but est donc de transformer des terrains dégradés et non-productifs en systèmes propres, productifs et efficaces et qui sont à la fois suffisamment durables et résilients pour supporter les variations environnementales. De tels systèmes sont alors favorables pour toutes les formes de vie présentes, ce qui forme le noyau de "prendre soin de la terre". Pourquoi mettons-nous l’accent sur l’importance d’utiliser des terres dégradées? C’est parce qu’il y a déjà tellement de surfaces dégradées que si nous réhabilitions ces surfaces, nous aurions plus qu’assez de place pour vivre en abondance et nous pourrions ainsi laisser intacts les écosystèmes naturels restants. Nous pourrions même augmenter la surface occupée par les écosystèmes naturels. Ceci est important non seulement à des fins de conservation, esthétiques, ou environnementales, mais aussi parce que les écosystèmes naturels sont les enseignants et l’inspiration des plans de permaculture; ainsi, ça ne ferait aucun sens de détruire des écosystèmes naturels pour faire place à un plan de permaculture, aussi productif et efficace ce dernier puisse-t-il être pour nous. Nous reviendrons sur ce point plus tard.

Prendre soin de l’humain

Le second objectif de la permaculture, intimement lié au premier, est de prendre soin du bien-être des foyers locaux et régionaux. Un plan de permaculture complet devrait effectivement être suffisamment divers pour remplir tous les besoins des gens vivant sur une terre. Ceci ne signifie pas seulement les besoins de base tels qu’avoir un refuge et de la nourriture, mais aussi les besoins d’esthétisme, de relaxation, de profiter de la vie avec notre famille et nos amis et ainsi de suite. L’idée n’est pas de nous restreindre, mais plutôt de vivre en abondance de manière à respecter le premier principe. Pourquoi mettons-nous l’accent sur “foyers locaux et régionaux”? Parce que plus la distance de transport des ressources augmente, moins le système devient efficace et plus l’énergie est gaspillée, ce qui à long terme entre en contradiction avec le premier principe. Évidemment, pour prendre soin de l’humain nous devons rester très pragmatique et réaliste, ce que certains passionnés de permaculture peuvent parfois oublier. Nous ne devons pas oublier qu’il n’y a pas de baguettes magiques et que des changements majeurs dans tout système demandera du travail et des investissements. Par exemple, une polyculture très diverse peut produire beaucoup plus et être beaucoup plus résiliente qu’une monoculture, mais ça ne ferait aucun sens de créer cette polyculture si les efforts de récolte sont centuplés.

***N.B.: Un plan de permaculture complet intègre tous les aspects de vie humaine, incluant l’habitation durable et la production d’énergie. Même si ces aspects sont basés sur les mêmes principes de base et malgré que nous pourrions fournir des connaissances de base à leur propos, nous ne sommes pas des experts de ces domaines; nous nous spécialisons dans la section “jardins et paysages” de la permaculture, incluant les aspects végétaux et animaux.

Créer l’abondance et redistribuer les surplus

Le troisième objectif de la permaculture a beaucoup à voir avec la restitution des surplus. Ceci englobe deux idées. La première est de restituer à l’écosystème que nous créons tout ce dont nous n’avons pas besoin. Ainsi nous n’épuisons pas ses ressources et donc d’autres êtres vivants peuvent aussi en profiter pleinement. Il y a ici deux lignes directrices générales par rapport à l’utilisation des ressources: utiliser seulement ce dont nous avons besoin et, ce faisant, éviter le gaspillage. Ceci implique que dans bien des cas, nous devrions réviser ce que nous pensons avoir besoin. Ensuite, avec un système devenant toujours plus productif, plus efficace et plus stable, les surplus peuvent en toute sécurité être utilisés pour vendre ou échanger localement/régionalement sans entrer en contradiction avec le premier principe tout en soutenant le deuxième principe.